Ma vision des choses concernant la philosophie wolf-eyes…. :rendeer:
Nous qui sommes là, je pense que même si elle est difficile à expliquer et à exprimer, on la comprend cette philosophie, et on l’a un peu en nous, et c’est pour ça qu’on est là. Alors pourquoi en parler ?
La question n’est pas de s’entre sermonner sur la beauté et l’importance de ce parmi quoi nous vivons. Je ne dis pas « ce qui nous entoure », parce que ça signifie qu’on se place au milieu, au centre de cet univers, et je ne pense pas que nous puissions prétendre à ça. On appartient à ce monde, dans un petit coin là bas au fond…. C’est déjà un premier point pour moi sur cette philo.
Dans ma famille et parmi mes amis, je suis plutôt réputé comme un mec pas très sociable, qui cause pas, et qui fuit les gens…Alors pourquoi parler ici, sur ce forum, plus qu’a mon habitude ? Et bien, parce que je me suis posé une question….Qu’est-ce qui a fait que moi, je sois si proche de la nature, et pourquoi j’aime tant la vie qui m’entoure, j’aime tant la regarder et pourquoi j’essaye de la préserver et j’ai conscience de ce qu’elle subit aujourd’hui ?
La réponse….Parce qu’on me l’a montré !
Je ne dis pas que si on montre à tout le monde ce que nous, on trouve magnifique dans la vie, tous les gens vont changer radicalement. Je pense qu’il doit y avoir une « pré disposition », et que certains ne pourront jamais ouvrir les yeux (et c’est bien dommage pour eux). Mais je pense à tous ceux qui, comme je l’étais, ont ça au fond d’eux même, caché, mais pas perdu, et n’ont besoin que d’un petit coup de pied au cul pour que ça ressorte.
Si je n’avais pas eu mon grand père, le vieux émile :bigsmurf: , 95 ans, pour m’expliquer pourquoi il ne fallait pas chasser le crapaud qui était dans les fraisiers, ou la couleuvre dans le tas de foin de la grange, je serais sans doute quelqu’un d’autre. Il me racontait qu’il ne fallait pas aller braconner les truites en Janvier, parce que c’est à cette époque qu’elles pondaient. Bien sûr, moi j’y allais, et je les attrapais à la main dans le ruisseau. Et effectivement, elles étaient pleines de gros œufs, alors je les relâchais…
S’il ne m’avais pas parlé des conséquences de chaque acte de tous les jours sur la nature (à l’époque il menait un grand combat contre le remembrement, dans les années 70/80). S’il ne m’avait pas expliqué l’importance des haies et de tous ceux qui l’habitent, je n’aurais peut être jamais regardé ce qu’il y a dans une haie, et je n’aurais pas VU, je ne me serai pas émerveillé en taquinant le staphylin, je ne serais pas grimpé voir ce qu’il y avait dans le nid là haut pour y découvrir la beauté et la complexité de cette petite corbeille à œufs…
Je ne vais pas vous raconter tout ma vie, mais sans l’aide d’une personne, je ne saurais peut être rien de tout cela et je n’aurais pas conscience.
Je connais ma femme depuis que j’ai 17 ans. A cette époque, il aurait fallu peu de choses pour que je tourne la page sur tout ça et que je me tourne vers l’indifférence

. Mais elle était là

et a su me garder sur le bon chemin. Elle m’a beaucoup apprit et m’apprend beaucoup encore et elle sait toujours, quand mon esprit s’éloigne de tout ça, me rappeler la beauté des choses…Sans elle j’aurais peut-être aussi oublié ce que mon grand père m’avait appris.
Il y a mes amis aussi, les « pros » dont tout ça est le métier, ceux de la LPO et de divers organismes qui m’ont donner envie de connaître plus que ce qu’on ne voit chez soi. Et mes amis plus intimes comme pote Yannick grâce à qui on a tenu le choc quand on était en région parisienne lorsqu’on n’avait rien envie de faire, juste rester vautré comme des sacs dans le canapé à regarder la téloche. On s’est forcé à sortir, à aller aux étangs faire un peu d’ornitho, ramper à 4 pattes sur la pelouse de la boite pour observer les orchys.
Ce n’est pas à vous mes amis du forum que ce message est adressé, c’est pour toi l’inconnu de passage, qui es tombé là par hasard…peut-être qu’il fera que tu vas te poser des questions sur ce qu’il raconte l’autre carcajou (avec un nom pareil en plus…

) que tu voudras en lire un peu plus sur ce forum, que tu vas essayer de chercher et comprendre de quoi on parle ici exactement... ou pour toi qui avais ça dans le corps avant, mais qui n’as pas eu la chance d’être soutenu et qui a oublié….
Donc ce sera avec plaisir qu’ici on vous filera le coup de pied au cul magique… :eye:
C’est un peu ça pour moi la philo wolf-eyes, c’est partager pour essayer de faire ouvrir les yeux, pas à tout le monde je le sais et je le répète, et même si parfois on voudrait les refermer (nos yeux) pour me pas voire tout le mal qu’on a fait à la nature, il reste des choses à sauver…

et qu’est ce que ça rend heureux de s’émerveiller à nos âges…l’important n’est pas d’être calé en environnement ou en zoologie, on s’en fout de savoir si le carcajou mâle a une couille plus grosse que l’autre ou la loutre pond des œufs carrés. L’important c’est de ce dire qu’ils sont là quelque part, ils jouent, ils vivent, ils sentent l’endroit ou vous vous êtes arrêté pour pisser. Ce n’est pas grave de ne pas voire de pinson du nord. C’est plus marrant de se dire qu’ils arrivent toujours avec le froid et la neige et de se planter dehors en les attendant, pour finalement apercevoir un moineau qui fait sa toilette ou deux tourterelles qui se font des câlins, leur plumage tout gonflé pour lutter contre le froid…
Qu’est-ce que c’est chiant, d’aller à la déchetterie ou au point de recyclage pour vider ses poubelles quand on n’a pas de tri sélectif à la maison, qu’est ce que c’est chiant de vider son berlingot de javel dans une bouteille quand on en met partout et qu’on pourrait acheter une vrai bouteille toute propre et balancer la vieille. Qu’est-ce que c’est chiant de désherber son jardin à la main quand on pourrait foutre un bon coup de round up…

. Mais qu’est-ce qu’on est content et fier quand on a pris le temps de faire tout ça !
Parce que c’est ça le problème…c’est le temps…Et ça me met en colère que les gens n’aient plus de temps. Du temps pour eux finalement, et lorsqu’on a du temps pour soi, et bien en fin de compte on pense aux autres…Il y a les pauvres gens qui n’ont pas de temps, qui sont pris par le boulo, les trajets ….et il y a les gens qui passent en moyenne 3 heures devant la TV par jour…moi j’ai 3h de libre par jour :wink: . Et on peut en faire des choses en 3 heures….bon diou de TV quelle saloperie bien souvent…

Vous parliez de société de consommation tout à l’heure….par où passe-t-elle ? par la TV…
Et puis un autre truc qui me fait fâcher tout rouge

: je ne pense pas qu’il y ait de marginalisation quand on n’a pas de trucs de marques. Et d’abord marginalisation par rapport à quoi, à qui ? Je n’ai jamais eu de trucs de marque étant jeune non plus. Je viens d’une famille pauvre, un père ouvrier, une mère au foyer, 4 enfants…A Noël, un et un seul tout petit cadeau à 50 balles, à mon anniversaire une paire de geppy à velcro. Pas de gâteaux achetés ni de bonbons, les pulls de mes grand frères ou mes cousins avec des pièces aux coudes. On habitait la ville près de l’usine de mon père, mes grands parents habitaient à 25 kms dans la campagne, et quand on demandait un paquet gâteaux au magasin, notre mère nous demandait si on préférait les gâteaux ou garder l’argent pour mettre de l’essence et aller dimanche voir les grands parents….le choix était vite fait. Je n’ai
jamais jamais souffert de ça ! Je n’ai jamais envié les autres qui le dimanche restaient chez eux à regarder jacques martin

avec leur sweat shirt chevignon.
Apparemment on vient pour la plus part de ce milieu ou les gens étaient simples et pas très riches. Et qu’est-ce qu’on est devenus ? Pas trop mal je trouve. Même si on est toujours pas très riche, on est heureux comme ça et on est devenus des gens assez bien je trouve, avec cette sensibilité… C’est de la connerie ces histoires de marques et de moule. Comment on doit le sculpter le moule ? un petit blond aux yeux bleus avec une petite moustache et un bras tendu ? c’est ce que certains ont essayé de faire je crois. C’est ce que d‘autres font encore aujourd’hui en sculptant dans le moule une bible ou un coran… La diversité est trop belle et importante, il faut faire exploser les moules. Moule pour moi ça signifie industrialisation, production de masse, c’est stérile, insipide, froid comme une clé de 17. Je préfère l’artisan et la pièce forgée à la main. Comme certain le savent dans quelques mois, je serais peut être papa pour la première fois. Et bien je n’ai pas peur…je suis confiant. J’ai confiance en Anne, en moi et dans la vie pour l’éducation de notre futur enfant et je n’ai pas envie, à peine sorti, de le foutre dans un moule et de serrer bien fort pour que tout rentre et que rien ne dépasse… Non non, mon p’tit loup, il va être taillé au couteau croche (c’est ce qu’utilisent les algonquin pour tailler les pagaies dans du bouleau) à la façon carcajou…

Je ne dis pas que je vais l’isoler du reste du monde, lui acheter des geppy à velcro ou lui interdire de regarder la TV (mais ce sera limité quand même…), mais j’espère réussir à le convaincre de faire le bon choix entre le paquet de gâteaux et la ballade en forêt…
Il y a un autre truc que je pense être important sur les gens et leur rapprochement à la nature. Je crois que les gens ne peuvent être ouvert au monde que s’ils sont déjà ouverts sur eux-mêmes. S’ils se connaissent, s’ils savent où ils vont, s’ils savent où ils doivent aller, si quelque part ils s’aiment eux-mêmes et ont confiance…si on ne peut pas faire ça, on ne peut pas s’ouvrir au reste. Je pense qu’il faut redonner confiance en soi aux gens et en leur avenir. Je suis prof de méca dans un lycée professionnel où l’on voit tous les ans arriver des pauvres gamins en échec scolaire, social et familial. Ils ne savent même pas pourquoi ils sont là, personne n’en voulait ailleurs. Le premier truc qu’ils vous disent c’est « de toute façon moi je suis nul ». ça fout les boules d’entendre ça d’un gamin de 16/17 ans

. Je n’ai aucune prétention pédagogique face à ça. C’est même pas un métier qu’il faut leur apprendre, il faut leur prouver qu’il ne sont pas nul, parce qu’ils ne le sont pas en vérité. Ils ont peur tout simplement et ils cachent cette peur dans le refus, la délinquance, en essayant de se raccrocher à une bande où tous ont finalement peur malgré leur comportement violent de gros durs imperturbables. Si tu arrives à faire ça, à leur donner confiance, par différents moyens, là n’est pas la discussion, t’as gagné ton année. Tant mieux si tu lui as fait reprendre goût à la vie et même tant mieux s’il ne deviendra pas mécano à contre cœur parce que finalement tu lui a permis de découvrir qu’il voulait être boulanger…une fois le voile envolé devant ses yeux, ce gamin qui aura reprit confiance, qui apercevra enfin l’avenir, il n’aura plus à chercher dans le noir et son regard pourra se porter vers autre chose, vers ce qu’il y a autour de lui….je ne sais pas si vous me comprenez ?
Sincèrement et amicalement

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«Comme il vit dans l'eau, on ne sait pas que le poisson pleure.»